Revue de Presse

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Plongée dans les entrailles de l'Yonne

L'Yonne Republicaine, édition du mardi 13 décembre 2016.

SOUS TERRE

Une trentaine de licenciés icaunais pratiquent ce sport méconnu à l'envergure scientifique

Avec ses 400 grottes, l'Yonne est un bon terrain pour l'initiation à la spéléologie. Une discipline physique qui permet également d'étudier le milieu souterrain.

C'est une toute petite fédération qui rassemble une trentaine de passionnés dans I'Yonne. Souvent méconnue, la spéléologie est pourtant un univers des plus riches, au carrefour de plusieurs disciplines.

« C'est un sport », rappelle Bruno Bouchard, le nouveau président du comité spéléologique régional de Bourgogne Franche-Comté. « Certaines explorations demandent beaucoup d'efforts : escalader, grimper, ramper... Parfois pendant 15 heures d'affilée. C'est éprouvant. Il faut être dans une bonne condition physique. »

« Il y a plus d'espèces sous terre que sur terre »

Mais, la spéléologie ne se limite pas à cette débauche d'énergie. « Nous ne faisons pas que courir sous terre. La discipline a aussi une dimension scientifique. Nous étudions le milieu souterrain dans lequel nous évoluons, que ce soit à travers la géologie, l'hydrologie ou la biospéléologie. »

Il est ainsi possible de côtoyer certaines espèces cavernicoles comme le Caecosphaeroma, un cloporte blanc, ou le Niphargus, une petite crevette. « Tout un monde à découvrir et à comprendre. L'intérêt de cette étude est conséquent, poursuit Bruno Bouchard. Aujourd'hui nous commençons à démontrer qu'il y a plus d'espèces sous terre que sur terre. » Des expéditions « bénévoles. Spéléologue, ce n'est pas un métier. Nous faisons tout cela pour le plaisir. »

Avec plus de 400 grottes, l'Yonne est un bon terrain pour l'initiation. « Mais un initié a vite fait de vouloir aller en Côte-d'Or, en Ardèche dans le Vercors, voire à l'étranger » pour avoir un terrain de jeu plus intéressant, reconnaît le président régional. Pour autant, le département ne manque pas de cavités à découvrir.

Les plus difficiles d'accès nécessitent l'accompagnement des néophytes par un professionnel. « La spéléologie, cela s'apprend. On ne peut pas se permettre de prendre des risques, prévient Bruno Bouchard. Il faut par exemple connaître certaines techniques pour monter et descendre avec une corde. »

Un des plaisirs de la discipline est celui de la découverte. « Nous faisons régulièrement de la prospection. Chaque année, nous trouvons une dizaine de nouvelles grottes dans I'Yonne. »

Des expériences souterraines plus ou moins sportives

Parmi les cavités icaunaises, Bruno Bouchard apprécie notamment la rivière souterraine de Puits Bouillant, à Saint-Aubin-Château-Neuf.

« Le site s'étend sur 2.115 mètres, précise le spéléologue. La, grotte a été pendant longtemps le terrain de jeu des spéléologues parisiens. »

Pour y accéder, la demande d'autorisation à la fédération départementale est incontournable. « Elle est fermée à clef pour une raison pratique : la grotte à la particularité de s'ouvrir au milieu d'un gîte. » Si les 700 premiers mètres de rivière sont assez faciles, la suite est plus sportive.

Plus au sud

Plus au sud, du côté de Courson-les-Carrières, le gouffre de Villepot séduit également Bruno Bouchard. « Avec ses 95 mètres, c'est le plus profond de I'Yonne. C'est un beau puits avec une belle allure. Pour y aller, il faut être Spéléologue. »

À Bierry-les-Belles-.Fontaines, la grotte du Mont Friloux, découverte en 1995, est très labyrinthique avec un kilomètre de galeries souterraines où il est nécessaire de se contorsionner en raison des nombreuses étroitesses.

À Châtel-Censoir, la petite grotte des fées, située au milieu des bois, au bord d'un chemin est facilement accessible. « Mais la visite se fait assez rapidement... En cinq minutes. »

Bruno Bouchard est aussi captivé par 1'une des grottes de Mailly-le-Château. « C'est une jolie cavité avec une faune variée, des stalactites et des fossiles de coraux. »

nc.

REPERES

Histoire. La création de la Fédération française de spéléologie remonte au 28 mai 1963. La FFS comptait alors près de 700 membres.

Règles. Avant toute visite sur un terrain privé, il est nécessaire de contacter le propriétaire. En terrain public, rien n'interdit la pratique », précise Bruno Bouchard.

Contact. Renseignements auprès du président régional au 03.86.47.01.72. ou par mail contact@scchablis.com.

EN CHIFFRES

7.500

Le nombre de licenciés à la Fédération française de spéléologie. Un chiffre plutôt stable.

440

Le nombre de grottes qui ont été répertoriées dans I'Yonne. Il en existe près de 2.500 en Bourgogne.

216

Le nombre de licenciés à la Fédération française de spéléologie en Bourgogne. Ils sont 30 dans l'Yonne et 637 dans la grande région.

45

La Bourgogne Franche-Comté compte 45 clubs, dont celui de Chablis.

La région est la cinquième de France en termes de pratique de la spéléologie.

2

Le nombre de clubs dans I'Yonne : le Spéléo club de Chablis et Yonne Speleo, basé à Moulins-en-Tonnerrois.

Article mis en ligne le : 13 décembre 2016